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Fougères et le bassin du Couesnon, vus par Honoré de Balzac, 1834


« Nulle part ailleurs en France le voyageur ne rencontre de contrastes aussi grandioses que ceux offerts par le grand bassin du Couesnon et par les vallées perdues entre les rochers de Fougères et les hauteurs de Rillé. C’est de ces beautés inouïes où le hasard triomphe, et auxquelles ne manquent aucune des harmonies de la nature. Là des eaux claires, limpides, courantes ; des montagnes vêtues par la puissante végétation de ces contrées ; des rochers sombres et des fabriques élégantes ; des fortifications élevées par la nature et des tours de granit bâties par les hommes ; puis tous les artifices de la lumière et de l’ombre, toutes les oppositions entre les différents feuillages, tant prisés par les dessinateurs, des groupes de maisons où foisonne une population active, et des places désertes, où le granit ne souffre pas même les mousses blanches qui s’accrochent aux pierres ; enfin toutes les idées qu’on demande à un paysage : de la grâce et de l’horreur, un poème plein de renaissantes magies, de tableaux sublimes, de délicieuses rusticité ! La Bretagne est là dans sa fleur. »

Honoré de Balzac, Les Chouans, 1829

Texte intégral accessible sur le site de la Bibliothèque nationale de France, Gallica.fr